RDC – Tribune de Jacques Issongo Mfutu : « Quand l’État navigue sans boussole, c’est la Nation qui paie »

Kinshasa, 10 novembre 2025 – Dans une tribune poignante publiée ce lundi, le militant des droits humains Jacques Issongo Mfutu dénonce la gestion chaotique de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, marquée par la chute successive de Goma et Bukavu. Il y voit l’échec d’un État affaibli, naviguant sans cap clair.

L’auteur critique sévèrement la posture du Président Félix Tshisekedi, qui aurait selon lui préféré l’orgueil à la lucidité en rompant tout contact avec les négociateurs, allant jusqu’à qualifier la négociation de « trahison ». Il pointe une phrase présidentielle devenue symbole d’aveuglement politique : « Je ne rencontrerai ces gens qu’au paradis ».

Mais cette fermeté de façade, selon Issongo, s’est vite effondrée. Le 18 mars 2025, lors de discussions à Doha sous médiation qatarie, Félix Tshisekedi serre la main de Paul Kagame, considéré pourtant comme « l’agresseur » de la veille. Le M23, qualifié de terroriste, devient alors un interlocuteur.

« Où est la cohérence ? », s’interroge Issongo, dénonçant une diplomatie schizophrène. Alors que les médias officiels désignent Kagame comme ennemi numéro un, certains diplomates traitent avec lui en coulisses.

Pour Jacques Issongo, cette double posture pose un dilemme : soit l’État reconnaît tardivement qu’une solution politique est indispensable, soit il s’enferme dans le déni, condamnant des milliers de civils à l’exil ou à la mort.

« Le pouvoir est pris au piège de ses propres contradictions », conclut-il, appelant à une ligne claire pour sortir le pays du chaos.

Rédaction – equateurnews.cd