Prévue pour être examinée le mercredi 29 octobre, la motion de défiance initiée contre le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, n’a finalement pas été débattue sur le fond. L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo l’a jugée irrecevable pour vice de procédure, mettant ainsi un terme au processus avant toute discussion approfondie.
Cette décision a suscité de vives réactions, tant au sein de la classe politique que dans l’opinion publique. Alors que certains députés évoquent le strict respect des règles parlementaires, d’autres dénoncent une occasion manquée de débattre d’un sujet crucial, celui de la sécurité dans la ville de Kinshasa. La plénière, marquée par des échanges tendus et des positions divergentes, n’a pas permis d’aborder en profondeur les préoccupations liées à la montée de l’insécurité.
À l’origine de cette motion, l’honorable lady Yangotikala visait à interpeller le gouvernement sur la dégradation du climat sécuritaire dans la capitale. Malgré le rejet de sa démarche, l’élu affirme ne pas être découragé et estime que cette initiative peut servir de signal d’alarme face à un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
Depuis plusieurs mois, Kinshasa fait face à une recrudescence des actes criminels, notamment des braquages à main armée en pleine journée, ainsi qu’à la multiplication d’avis de recherche relayés sur les réseaux sociaux. Ce climat d’insécurité alimente l’inquiétude des habitants, qui espéraient voir cette question débattue au sein de l’hémicycle afin d’aboutir à des mesures concrètes.
Pour une partie de la population, la décision de déclarer la motion irrecevable est perçue comme un signe de déconnexion entre les élus et les réalités quotidiennes. Certains dénoncent une forme de solidarité politique qui primerait sur les intérêts de la population.
Cette plénière aurait pu être décisive, mais elle a plutôt donné l’impression d’un théâtre où les intérêts sont protégés au détriment des citoyens. On se demande où nous serons dans cinq ans si la situation continue ainsi , confie un habitant de Kinshasa.
Il convient toutefois de rappeler que cette décision résulte d’un vote démocratique au sein de l’Assemblée nationale. En conséquence, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur reste en fonction, ses soutiens évoquant une stabilité institutionnelle et le respect des procédures parlementaires.
Si cette motion n’a pas abouti, la question sécuritaire demeure entière et continue de préoccuper la population kinoise. Plusieurs observateurs estiment que le débat pourrait revenir sous une autre forme et que la pression de l’opinion publique pourrait pousser les institutions à se saisir à nouveau de cette problématique.
Agnelle Mola











