Marc Ekila à Basankusu : une mobilisation qui aurait peiné à convaincre la population

La récente présence du ministre d’État en charge de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, dans son fief de Basankusu, suscite des réactions contrastées au sein de l’opinion locale.

Alors que le ministre qui se revendiquait originaire de Basankusu avant d’être élu dans cette circonscription, entendait renouer avec sa base, la mobilisation populaire autour de son passage pour l’inauguration d’un centre de formation professionnelle aurait été en deçà de ses attentes et des attentes de certains observateurs qui parle d’une mobilisation sanction. Cette situation alimente des interrogations sur l’état de ses rapports avec une partie de la population de ce territoire de la province de l’Équateur qui se dit anarquée en l’envoyant à l’Assemblée nationale.

Marc Ekila est effectivement identifié comme député de la circonscription de Basankusu, même si son mandat parlementaire est actuellement suspendu depuis sa nomination au gouvernement, il a été remplacé par son premier suppléant, muet depuis qu’il siège à l’Assemblée nationale.

Cette visite intervient dans un contexte où les attentes de la population restent importantes, notamment en matière de développement local, d’emploi et de formation des jeunes.

Le ministre a inauguré à Basankusu un petit centre de formation professionnelle qu’il présente comme un don à la population à titre de remerciement pendant qu’il est Ministre d’État de tutelle.

Mais au-delà des réalisations annoncées, la question de la popularité politique du ministre dans sa base demeure posée. Des publications antérieures ont notamment fait état de mécontentements et d’interpellations de la population de Basankusu à l’endroit de Marc Ekila sur des questions liées à la représentation politique et aux attentes locales.

Cette situation pourrait constituer un signal pour l’ancien député de Basankusu, désormais membre du gouvernement, alors que sa position politique lui impose de maintenir un lien étroit avec sa base électorale, la chose qu’il a toujours ignoré, déclarant qu’il serait plus populaire à Kinshasa qu’à Basankusu et pourrait ramasser facilement un siège à la capitale que se représenter encore au territoire qu’il revendique appartenir.

Entre réalisations, attentes sociales et perception politique, le passage de Marc Ekila à Basankusu aura surtout remis au centre du débat la question de la relation entre les responsables politiques et leurs électeurs qui se disent abandonnés.

Pour rappel, Marc Ekila était sorti 5e sur la liste avec 5.116 voix à la législative nationale dans la circonscription électorale de Basankusu et il a été proclamé élu après l’annulation des suffrages de Bofili ( plus de 17.000 voix), Ngobe (plus de 13.000voix), Bokolombe ( plus de 12.000 voix) et Elodji ( plus de 7.000 voix).

Rédaction | equateurnews.cd