L’Ouganda accélère la construction d’une route stratégique de 223 km dans l’Est de la RDC

Kampala / Est de la RDC, Le gouvernement de l’Ouganda poursuit à un rythme soutenu la construction d’une route stratégique de 223 kilomètres reliant son territoire à l’Est de la République démocratique du Congo. Malgré un chantier jugé difficile en raison du relief, de l’insécurité persistante et des conditions climatiques, le président Yoweri Museveni reste déterminé à voir cette infrastructure achevée « à tout prix ».
Selon Kampala, cette route constitue un levier économique majeur destiné à renforcer les échanges commerciaux régionaux et à consolider la position de l’Ouganda comme hub commercial en Afrique de l’Est et centrale.

La RDC, premier marché africain de l’Ouganda

Cette ambition s’appuie sur des chiffres commerciaux révélateurs. En janvier 2026, la RDC est devenue le premier consommateur africain des produits ougandais, avec des exportations évaluées à 625 millions de dollars américains.
Elle devance désormais le Kenya, deuxième partenaire commercial de l’Ouganda avec 592 millions de dollars, tandis que le Soudan du Sud recule à la troisième place avec 492 millions de dollars d’exportations en provenance de Kampala.
Ces chiffres confirment le rôle central que joue désormais le marché congolais dans la stratégie économique ougandaise.
Un corridor économique vers l’Afrique centrale
Avec l’achèvement de cette route transfrontalière, l’Ouganda ambitionne de porter ses revenus commerciaux à près de 2 milliards de dollars, grâce à l’intensification des échanges avec la RDC mais aussi avec la République centrafricaine.

Ce corridor routier devrait faciliter l’exportation de produits agricoles, manufacturés et industriels ougandais, tout en réduisant les coûts logistiques et les délais de transport vers les grands centres de consommation de l’Est congolais.

Entre opportunités économiques et enjeux sécuritaires

Si le projet est salué pour son potentiel économique, il suscite également des interrogations en RDC, notamment sur les enjeux sécuritaires, politiques et souverains liés à la présence d’infrastructures étrangères dans une région marquée par l’instabilité.
Pour Kampala, toutefois, la route est avant tout un outil d’intégration économique régionale, conforme à la vision du président Museveni d’un espace commercial est-africain et centre-africain plus intégré et interconnecté.
À terme, cette route pourrait redessiner durablement les flux commerciaux entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale, avec la RDC comme pivot stratégique.

Gloire Tshipapa | equateurnews.cd