LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Son Excellence Félix Tshisekedi Tshilombo
Monsieur le Président,
1. Le peuple congolais est abasourdi par les instructions que vous auriez données au Ministre de l’Intérieur, via votre Directeur de Cabinet, concernant le moratoire à accorder aux Assemblées provinciales pour qu’elles n’examinent plus les motions de défiance contre les Gouverneurs. Cette instruction est perçue comme anti-démocratique.
2. Monsieur le Président, cette directive suspend tacitement le fonctionnement des Assemblées provinciales et viole la Constitution, notamment l’article 197 alinéa 1 et l’article 198 alinéa 8, qui stipulent :
– « L’Assemblée provinciale est l’organe délibérant de la province. Elle délibère dans le domaine des compétences réservées à la province et contrôle le gouvernement provincial ainsi que les services publics provinciaux et locaux. »
– « Les membres du gouvernement provincial peuvent être collectivement ou individuellement relevés de leurs fonctions par le vote d’une motion de censure ou de défiance de l’Assemblée provinciale.»
3. Votre instruction, sans contrepartie pour assurer le contrôle, est perçue comme un chèque en blanc au profit de certains Gouverneurs qui se comportent déjà comme de petits monarques. Ils ne font rien pour le développement de nos provinces et se contentent de soudoyer certains membres de la Présidence, du Ministère de l’Intérieur et leurs autorités morales afin de rester en fonction.
4. Monsieur le Président, une telle démarche constitue un suicide démocratique et risquerait de plonger nos provinces dans une dictature locale. Le détournement de fonds publics s’intensifierait et la société civile, ainsi que les autres acteurs, seraient muselés sous le regard impuissant des Assemblées provinciales.
5. Dans une province comme la nôtre (Équateur), laisser Monsieur BOBO (ce membre du PPRD devenu UDPS quatre mois après la rupture de la coalition FCC-CACH) diriger sans aucun contrôle, c’est encourager le détournement, la spoliation, la concussion, le népotisme et toutes les antivaleurs qui caractérisent sa gestion.
6. Votre décision constitue une entorse à la démocratie et mérite d’être reconsidérée.
7. Ces Gouverneurs, pour la plupart imposés par Kinshasa et caractérisés par l’incompétence et la mauvaise volonté, à quelques exceptions près, méritent d’être remplacés afin de donner leur chance à des Congolais capables de mettre en œuvre de bonnes politiques publiques au niveau provincial, pour soulager, ne serait-ce qu’un peu, la misère de nos populations.
8.
En cas contraire, comme vous invoquez la crise sécuritaire pour justifier votre moratoire, vous devriez alors suspendre toutes les instructions provinciales, généraliser l’état de siège et nommer des Gouverneurs militaires dans toutes les provinces.
Mes sentiments patriotiques
Joseph BAYOKO LOKONDO via equateurnews.cd












