Le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo continue de susciter des prises de position au sein de la classe politique et intellectuelle.
Dans une tribune publiée récemment, Me Agapao Ipondo, citoyen congolais et analyste engagé dans les questions institutionnelles, défend l’idée d’une réforme constitutionnelle qu’il présente comme une nécessité historique et non comme un simple slogan politique.
Sous le thème évocateur : « Quand la maison prend de l’âge, il faut parfois refaire son toit pour qu’elle continue à protéger ses habitants », l’auteur estime que la Constitution congolaise, bien qu’élaborée par des Congolais et promulguée dans un contexte spécifique en 2006 puis révisée en 2011, ne peut demeurer figée face aux mutations profondes que connaît le pays.
Dans son argumentaire, Me Agapao Ipondo rappelle que la Loi fondamentale actuelle constitue une œuvre nationale, rejetant ainsi les discours qui présentent la Constitution congolaise comme une imposition étrangère. Toutefois, il considère que certaines dispositions sont aujourd’hui devenues inadaptées aux réalités politiques, sécuritaires et économiques de la RDC.
L’auteur soutient que le passage éventuel de la Troisième à la Quatrième République devrait s’inscrire dans une logique de responsabilité nationale. Selon lui, plusieurs facteurs justifient l’ouverture d’un débat constitutionnel, notamment la nécessité de renforcer la souveraineté nationale, d’améliorer l’efficacité des institutions et de consolider la stabilité politique du pays.
Parmi les propositions avancées figure également la suppression de certaines institutions jugées « budgétivores et peu productives », notamment le Sénat et les Assemblées provinciales. Me Ipondo estime que cette réforme permettrait de réduire les dépenses publiques et de rationaliser le fonctionnement de l’État.
Dans sa tribune, il critique également certains acteurs qu’il accuse de défendre le changement constitutionnel sans arguments solides, dans le seul objectif de se rapprocher du pouvoir. Il appelle ainsi à un débat sérieux, fondé sur la rigueur intellectuelle et l’intérêt supérieur de la Nation.
Pour Me Agapao Ipondo, soutenir une réforme de la Constitution ne reviendrait pas à trahir l’esprit des rédacteurs de 2006, mais plutôt à prolonger leur ambition de doter la République démocratique du Congo d’institutions capables de répondre aux défis de leur époque.
Alors que la question constitutionnelle demeure sensible en RDC, cette tribune vient relancer les discussions sur l’avenir institutionnel du pays et sur l’opportunité d’une réforme profonde de la gouvernance congolaise.
Rédaction | equateurnews.cd











