À Kinshasa, la multiplication des cas de kidnapping continue de semer la peur au sein de la population. Chaque semaine, des familles affirment avoir perdu un proche, souvent un jeune garçon ou une jeune fille, supposément enlevé par des inconnus exigeant une rançon.
Cependant, une réalité troublante commence à émerger sur le terrain. Selon des témoignages recueillis ce jour, tous les cas signalés comme kidnappings ne seraient pas réels. Derrière certaines disparitions se cacherait une pratique inquiétante : des jeunes qui, en raison des difficultés socio-économiques, entreraient volontairement en contact avec des « bourreaux fantômes » ou simuleraient leur propre enlèvement afin de soutirer de l’argent à leurs familles.
Un fait concret illustre cette situation. De retour du Centre supérieur militaire, un témoin s’est rendu dans le quartier Pompage, dans la commune de Ngaliema, pour rendre visite à un proche. Sur place, une foule inhabituelle a attiré son attention dans une parcelle voisine.
Interrogée, une vendeuse de manioc a révélé une information troublante : un groupe de jeunes garçons et filles se cacherait dans cette parcelle en prétendant être kidnappés, dans le but d’extorquer de l’argent à leurs familles.
Alertées, les forces de l’ordre sont rapidement intervenues. Douze policiers, mis à disposition par le major commandant Ciat, ont procédé à l’arrestation de plusieurs individus impliqués dans cette affaire. Les suspects ont été conduits à la Maison communale de Ngaliema, en attendant leur transfert au parquet compétent.
Cette situation soulève de nombreuses interrogations. Pourquoi en arriver à un tel niveau de tromperie ? Pourquoi infliger une telle souffrance à des parents qui se battent chaque jour pour éduquer et soutenir leurs enfants ?
Un appel est lancé à la vigilance de tous. Les méthodes ont changé et la population est invitée à redoubler de prudence face aux informations alarmantes qui circulent.
Toutefois, il est important de le souligner avec responsabilité : les vrais cas de kidnapping existent bel et bien à Kinshasa et constituent une menace réelle. Cette révélation ne vise donc pas à banaliser le phénomène, mais à faire la distinction entre les enlèvements avérés et les manipulations orchestrées à des fins financières.
Aux familles inquiètes, les autorités recommandent, en cas de doute, de se rapprocher des services compétents, notamment de la Maison communale de Ngaliema, où certaines personnes portées disparues auraient déjà été retrouvées.
Une situation aussi choquante que douloureuse, qui appelle à la conscience collective, à la responsabilité des jeunes et à une meilleure protection des familles déjà éprouvées par les difficultés du quotidien.
Gloire Tshipapa | equateurnews.cd












