Kananga face au calvaire de l’électricité : une crise énergétique persistante 

À Kananga, capitale provinciale du Kasaï Central, l’accès à l’électricité demeure un véritable parcours du combattant. Pour les abonnés de la Société Nationale d’Électricité (SNEL), le courant est devenu un luxe rare, marqué par des délestages répétitifs et interminables qui rythment le quotidien de la population.

Cette situation énergétique précaire freine considérablement le développement économique de la ville. Plusieurs entreprises, pourtant prêtes à investir, hésitent à s’implanter dans l’ex-Luluabourg, découragées par l’instabilité de la fourniture électrique, indispensable au bon fonctionnement de toute activité sérieuse.
Le paradoxe est d’autant plus frappant que la province du Kasaï Central dispose d’un potentiel hydroélectrique important. Deux grandes chutes d’eau, capables de transformer durablement le secteur énergétique local, restent à ce jour inexploitées ou bloquées.

La chute de Katende, lancée sous le régime de l’ancien président Joseph Kabila, n’a jamais atteint sa vitesse de croisière et demeure, jusqu’à présent, en pleine phase de construction après plusieurs années d’atermoiements. Quant à la chute de Mbombo, longtemps perçue comme une lueur d’espoir pour la population, elle est aujourd’hui au centre de vives polémiques, notamment autour des montants colossaux nécessaires à son financement.

Plus préoccupant encore, l’accès à l’électricité et même à l’eau potable semble conditionné aux visites présidentielles. À chaque déplacement du Chef de l’État à Kananga, la ville retrouve temporairement lumière et eau, comme par enchantement. Mais une fois la visite terminée, la réalité reprend brutalement ses droits.

Le scénario s’est une fois de plus répété récemment lors de l’inauguration de l’Université de Kananga par le Président de la République. Durant l’événement, tout fonctionnait normalement : courant électrique stable et eau potable disponible. Cependant, à peine l’avion présidentiel avait-il quitté la zone que les coupures d’électricité et d’eau ont repris, plongeant la ville dans son quotidien habituel.

Une situation qui exaspère et inquiète la population kanangaise. De nombreux habitants dénoncent un profond manque de considération et de respect, estimant que l’accès aux services de base ne devrait pas dépendre d’événements politiques, mais être garanti de manière permanente. Pour eux, l’électricité n’est pas un privilège, mais un droit fondamental.

Gloire Tshipapa | equateurnews.cd