Au cours d’une conférence de presse organisée ce lundi au Grand Hôtel 0Kinshasa, la Base Républicaine (BR), parti politique d’opposition créé depuis janvier 2025, a présenté sa vision sur la situation politique, sécuritaire et économique qui ne cesse d’alimenter des tensions en République Démocratique du Congo. Le parti que dirige Hugo Zala s’est notamment prononcé sur le débat autour de la Constitution ainsi que les pistes de sortie de la crise persistante dans l’Est du pays.

Face aux nombreuses prises de position observées sur la réforme constitutionnelle, la BR a rappelé que sa priorité demeure le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Selon ses dirigeants, cet objectif constitue le socle de leur projet politique, aux côtés de la fin du cycle de violences, de la restauration de la cohésion nationale et du renforcement de la crédibilité des institutions publiques.
Pour cette formation politique, le débat actuel sur la Constitution ne devrait pas occuper le devant de la scène alors qu’une partie du territoire national échappe encore au contrôle de l’État congolais. La BR estime que la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC représente aujourd’hui l’enjeu majeur auquel le pays doit faire face.
Abordant la question constitutionnelle, le parti a relevé l’existence de trois grandes tendances au sein de l’opinion nationale : ceux qui soutiennent une révision de la Constitution, ceux qui militent pour son changement complet et ceux qui s’opposent à toute modification. Toutefois, la BR considère que ce débat est prématuré dans le contexte actuel.
« La Constitution est le poumon de la vie de la République. Tant que l’autorité de l’État n’est pas pleinement rétablie sur l’ensemble du territoire national, le débat sur sa révision ou son changement ne devrait pas constituer une priorité », ont déclaré les responsables du parti.

La BR a également regretté que les discussions sur l’avenir de la Constitution prennent une place importante dans l’espace public alors que des milliers de Congolais continuent de subir les conséquences de la guerre dans l’Est du pays, notamment les déplacements forcés et l’insécurité persistante.
Concernant la situation sécuritaire dans l’Est, la Base Républicaine propose l’organisation d’un dialogue républicain national destiné à identifier des solutions consensuelles à la crise.
Dans son cahier des charges rendu public à cette occasion, le parti présente plusieurs pistes articulées autour de trois dimensions : politique, sécuritaire et économique.
Sur le plan politique, la BR préconise de s’appuyer sur plusieurs instruments diplomatiques et juridiques internationaux, notamment l’Accord-cadre d’Addis-Abeba signé en 2013, les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que les initiatives diplomatiques en cours, dont les accords conclus à Washington.
Le parti affirme soutenir toutes les démarches favorisant une résolution pacifique du conflit et permettant aux différents acteurs concernés d’exprimer leurs préoccupations dans un cadre de dialogue.
Une proposition d’isolement de la zone de conflit
Sur le volet sécuritaire, la BR suggère la mise en place d’un mécanisme d’isolement de la zone de crise, avec l’appui de la communauté internationale et de la Mission des Nations unies en RDC (MONUSCO).
Selon le parti, cette approche pourrait contribuer à rassurer à la fois la RDC et le Rwanda, en limitant les risques d’escalade militaire et en créant les conditions favorables à une désescalade durable du conflit.
Lutter contre la contrebande des minerais
Sur le plan économique, la Base Républicaine estime que l’exploitation et la commercialisation illicites des ressources minières de l’Est constituent l’un des principaux moteurs de la crise.
Le parti appelle ainsi à la mise en place d’un mécanisme international destiné à rendre inefficace la contrebande des minerais congolais. Il plaide pour une meilleure valorisation des ressources du Kivu à travers des circuits légaux, transparents et profitables à l’économie nationale.
La BR invite également les partenaires internationaux de la RDC, notamment les États-Unis, l’Afrique du Sud, la Suisse, le Qatar et le Royaume-Uni, à contribuer à la mise en œuvre de solutions économiques capables de freiner l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises.
En conclusion, le parti de Hugo Zala estime que seule une combinaison d’actions politiques, sécuritaires et économiques, soutenue par un dialogue républicain inclusif, permettra de restaurer durablement l’autorité de l’État, de préserver l’unité nationale et de conduire la RDC vers une paix durable.
Tania taweka | equateurnews.cd












