RDC : l’ENAR annonce un pré-dialogue national pour recueillir les attentes des Congolais avant les concertations politiques

Le mouvement politique En Avant pour la Renaissance (ENAR), dirigé par son autorité morale, Nelson Joseph Bayoko Lokondo, a annoncé le lancement prochain d’un pré-dialogue national destiné à consulter les populations à travers l’ensemble de la République démocratique du Congo. Présentée à Kinshasa le mercredi 27 juillet 2016 dernier , cette initiative vise à recueillir les préoccupations et les propositions des citoyens afin d’élaborer un cahier des charges qui sera défendu lors du futur dialogue national.

Dans son adresse, Nelson Joseph Bayoko Lokondo a justifié cette démarche par la gravité de la crise multidimensionnelle que traverse le pays, marquée notamment par l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC. Pour illustrer son appel à privilégier la paix, l’autorité morale de ENAR, a repris une célèbre pensée attribuée à Mahatma Gandhi : « Œil pour œil et le monde finira aveugle », estimant que la violence ne peut constituer une solution durable aux défis auxquels la nation est confrontée.

« Chaque jour, ce sont nos enfants, nos mères, nos sœurs et nos frères qui tombent sous les balles d’une guerre dont notre pays ne parvient pas à sortir. Seul le dialogue peut nous permettre de retrouver durablement la paix », a-t-il déclaré.

L’autorité morale de l’ENAR a salué l’initiative du Président de la République de privilégier la voie des négociations en vue d’un dialogue national, à la suite des consultations menées avec les représentants des confessions religieuses.

Selon lui, cette option constitue aujourd’hui « la seule alternative crédible pour rétablir durablement la paix, consolider l’unité nationale et garantir la stabilité de la République démocratique du Congo ».

Toutefois, le mouvement En Avant pour la Renaissance estime que les précédents dialogues notamment la conférence les assises de l’indépendance de la RDC, la table ronde de Bruxelles en 1961, la conférence de Mbandaka en 1961, le conclave de Lovanium en passant par les grandes concertations nationales, les assises de N’sele en 1991, la conférence nationale souveraine de 1991 à 1992, la rencontre d’Iyonda en 1992, sans oublier le dialogue le plus récent de l’accord de Lusaka en 1999 suivi du dialogue national conduit par Heden Kodjo avec à la clé l’accord de la cité de l’Union Africaine du 18 octobre 2016, ainsi que le dialogue conduit par l’église catholique et secondé par l’église du Christ au Congo qui a abouti à l’accord de Saint-Sylvestre du 31 décembre, ces derniers ont souvent déçu les attentes de la population.

« Le dialogue est trop souvent perçu comme une simple arène de partage du pouvoir où les acteurs politiques défendent avant tout leurs intérêts personnels, au détriment des véritables préoccupations du peuple », a regretté Nelson Joseph Bayoko Lokondo, avant d’ajouter : « L’homme sage voit le danger de loin et prend les dispositions nécessaires pour y échapper. »

Pour éviter la répétition de ces expériences, l’ENAR annonce l’organisation d’un pré-dialogue national qui consistera à parcourir les différentes provinces du pays afin d’écouter directement les citoyens.

« Nous irons dans les quatre coins de la République pour écouter les Congolais sans filtre, recueillir leurs attentes et construire un cahier des charges fidèle aux aspirations du souverain primaire », a-t-il expliqué.

D’après le mouvement En Avant pour la Renaissance, les conclusions de cette vaste consultation serviront de feuille de route à ses représentants lors des futures négociations nationales.

L’organisation insiste particulièrement sur la nécessité de rechercher des solutions durables à la crise sécuritaire dans l’Est du pays, de protéger les populations civiles, de préserver l’intégrité territoriale et d’améliorer les conditions socio-économiques des Congolais.

En conclusion, Nelson Joseph Bayoko Lokondo a réaffirmé la volonté de son mouvement de faire de la population le principal acteur du processus.

« Aucun dialogue ne peut réussir sans la participation effective et éclairée du peuple. L’ENAR s’engage à porter fidèlement la voix des Congolais et à faire des aspirations du souverain primaire le fondement de toute action en faveur de la paix, de l’unité nationale et du développement de notre pays », a-t-il conclu.

Tania Taweka | equateurnews