Le 25 mai marque une date historique pour le continent africain. Cette journée rappelle la création, à Addis-Abeba en 1963, de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) par les pères fondateurs du panafricanisme. L’organisation est devenue l’Union africaine en 2002, à l’issue d’un sommet tenu à Lomé, au Togo.
Parmi les grandes figures ayant porté la création de l’OUA figuraient notamment Haïlé Sélassié, Kwame Nkrumah, Modibo Keïta, Joseph Kasa-Vubu, Ahmed Sékou Touré, Gamal Abdel Nasser, Habib Bourguiba, Fulbert Youlou, Ahmadou Ahidjo, Félix Houphouët-Boigny, Kenneth Kaunda ainsi que Julius Nyerere.
À cette époque, les autres continents disposaient déjà de leurs propres organisations régionales. Pour plusieurs observateurs, la création de l’OUA représentait donc une volonté de l’Afrique de reprendre son destin en main et de défendre ses intérêts communs sur la scène internationale.
Cependant, malgré son importance historique, la Journée de l’Afrique reste encore peu connue du grand public, notamment en raison d’un manque de sensibilisation autour des acquis et des symboles de l’Union africaine, tels que son drapeau, son hymne ou encore les résolutions adoptées par l’organisation.
Pour l’ambassadeur honoraire Tati Xavier-Honoré, il n’est toutefois pas trop tard pour renforcer cette sensibilisation. Selon lui, gouvernants, diplomates, journalistes, étudiants et citoyens africains doivent répondre à l’appel lancé lors du cinquantenaire de l’Union africaine, célébré le 25 mai 2013, afin de promouvoir les valeurs et les idéaux panafricains au service du développement du continent.
L’ancien diplomate, qui avait participé à plusieurs assemblées de l’Union africaine à Addis-Abeba en qualité de directeur-chef de service chargé de l’Afrique et du Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, estime que l’organisation joue aujourd’hui un rôle important dans la gestion des conflits régionaux et sous-régionaux.
Parmi les actions marquantes de l’Union africaine figurent notamment les sanctions prises contre certains régimes issus de coups d’État en Afrique de l’Ouest, illustrant ainsi la volonté de l’organisation de défendre l’ordre constitutionnel sur le continent.
Concernant l’avenir de l’Union africaine, l’ambassadeur honoraire de la RDC au Tchad demeure optimiste. Selon lui, malgré les réalités politiques et économiques propres à chaque État membre, l’Afrique peut encore progresser vers une intégration politique et économique plus forte, à l’image d’autres organisations internationales qui ont également connu des débuts difficiles.
Sur le plan économique, plusieurs initiatives témoignent déjà de cette dynamique d’intégration, notamment la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), considérée comme un levier majeur pour le commerce intra-africain.
Il convient de rappeler que l’Union africaine compte aujourd’hui 54 États membres ainsi que plusieurs organisations régionales et sous-régionales. Sa commission est actuellement présidée par Mahmoud Ali Youssouf, de nationalité djiboutienne, élu le 15 février 2025.
À l’issue de cet entretien, l’ambassadeur Tati Xavier-Honoré a présenté son ouvrage à paraître prochainement, intitulé La longue marche vers l’intégration de l’Afrique à travers l’OUA et l’UA.
Ce livre retrace les différentes discussions et résolutions de l’Union africaine durant ses huit années passées à la direction de l’Afrique au ministère des Affaires étrangères, ainsi que la participation de la RDC aux assemblées de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Tania | equateurnews.cd












